Histoire

(Ce texte a été traduit par un système de traduction automatique.)

Un bref aperçu historique

En 1815, l’acte d’union fut signé à Bienne. Tous les Jurassiens et les anciens Bernois furent placés sur un pied d’égalité ; les deux confessions (réformée et catholique) et les deux langues (français et allemand) furent reconnues.
La première paroisse réformée germanophone fut créée le 7 mai 1816 à Porrentruy. Le pasteur y prêchait également à Delémont.

Les premiers actes synodaux de 1819 signalent un nombre considérable de familles germanophones dans le Leberberg (dans notre Jura bernois), qui ne maîtrisent pas la langue française – et qui sont ainsi « privées de l’avantage du culte public ». Le souhait pressant est formulé que « l’on veuille bien pourvoir avec bienveillance à leur édification ».
Vers 1820, près de 25 % des habitants de l’Erguël sont germanophones (en raison d’une grande vague d’immigration durant l’année de famine 1816). Quelques réformés germanophones devinrent anabaptistes, simplement pour appartenir à une Église visible.
Quatre dimanches par an, des prédications en allemand avec Sainte-Cène étaient célébrées alternativement à Court et à Courtelary, et un culte du Jeûne fédéral à Tavannes (Dachsfelden) ou à Chaindon.

En 1823, une demande fut formulée pour un ou deux « aides-prédicateurs » dans le Jura méridional ainsi qu’une requête pour des écoles germanophones. « Pour l’heure, cinq fois par an, des candidats en théologie se rendent à cheval dans le Jura bernois et descendent à l’auberge Zum Wilden Mann à Courtelary. »
Vers 1827, une cure provisoire fut érigée avec Abraham Rüfenacht de Thoune pour la Prévôté et la Vallée inférieure jusqu’à Cortébert.

À l’initiative d’Abraham Rüfenacht, six écoles allemandes furent créées à la Saint-Martin (11 novembre) ; pour chacune, une somme de 50 francs fut accordée.
Dans un rapport de 1830, on lit : « Dans les bailliages de Courtelary et de Moutier habitent 2 500 réformés germanophones, et l’on peut compter sur une croissance. »
Jusqu’en 1827, il n’y avait aucun enseignement pour les enfants germanophones ; ils se « laissaient aller » littéralement. De plus, les frais de scolarité étaient trop élevés pour les agriculteurs – même s’ils restaient abordables pour les horlogers.

Finalement, des écoles principales germanophones virent le jour :

LocalitéNombre d'enfants (1830)
Total enfants360
Füet46
Büderich (Péry)29
Corgémont42
Münsterberg42
Malleray43
Ilfingen (Orvin)42
Sonceboz29
Convers48
Villeret39


S’y ajoutaient encore des écoles privées (non financées par l’État mais supervisées par le pasteur, inspectées et dotées de livres) à :
Ferrière (près de Renan), Roche (près de Renan), Chaux-d’Abel (près de St-Imier), Montoz (près de Court), Mont Bovu (près de Genevez), Wasserberg (près de Courroux), réunissant en tout 80 enfants.

Les parents payaient pour « les locaux et le chauffage » (loyer et bois).
« Ainsi, l’ordre est revenu chez les enfants et les adultes. »

Comme l’instauration de cultes et d’instruction en langue allemande, ainsi que la création d’écoles allemandes, produisaient des effets positifs, la cure provisoire devait être prolongée, et le pasteur devait obtenir un « adjoint » (« finalement, il y a dix heures à cheval de Convers – dans la haute vallée de Saint-Imier – à Moutier ! »).
Il n’y avait culte dans un même lieu que toutes les six semaines ; et les visites à domicile ou aux malades n’étaient possibles qu’à proximité de la résidence du pasteur.
L’instruction religieuse était concentrée sur 10 à 12 semaines.

Le pasteur devait recevoir un salaire ainsi qu’une gratification.
Le Grand Conseil décida de maintenir la cure germanophone ; un poste d’aide fut approuvé, financé et confié à Heinrich Lemp. Le pasteur prêchait alternativement à Moutier, Tavannes (Dachsfelden), Péry (Büderich) et Orvin (Ilfingen), et deux fois par an à Sornetan ; l’adjoint prêchait à Courtelary, St-Imier et Renan.

À partir de 1833, Corgémont entra par rachat (35 francs) dans le tournus régulier desservi par l’adjoint, et fut ainsi séparé de la vallée de Moutier.
La même année 1830, de grands bouleversements politiques eurent lieu : le Conseil ecclésiastique devint le Département de l’instruction publique, dont se détacha en 1846 la Direction autonome des affaires ecclésiastiques.

En 1832, Heinrich Lemp, domicilié à Courtelary, fut promu de l’aide au pasteur (avec un traitement de 1 400 francs). Le pasteur (M. Rüfenacht) gagnait 1 600 francs. Sonceboz fut rattaché au « cercle ecclésiastique » de la vallée de St-Imier.

En 1834, le premier règlement de la paroisse germanophone de la vallée de St-Imier fut établi.

Lors de sa visite paroissiale vers 1834, le pasteur Schnell de Vinelz constata :
« Votre activité bienfaisante s’est, selon le témoignage des autorités civiles et religieuses, confirmée dans l’accroissement de la formation de la jeunesse et dans la diminution des infractions policières. »

En 1835, la paroisse se composait des districts ecclésiastiques et scolaires de Courtelary, Corgémont (avec Sonceboz-Sombeval), Renan et St-Imier (avec Villeret et Sonvilier). Chaque district envoyait trois délégués au conseil de paroisse, présidé par le pasteur. Le conseil se réunissait à l’auberge Zum Wilden Mann à Courtelary, dont l’aubergiste, Bendicht Tüscher, était le caissier.

Vers 1842, les membres germanophones de Péry (Büderich) et Orvin (Ilfingen) furent rattachés à Bienne. Delémont fut attribué à Moutier, et le pasteur déménagea de Tavannes à Moutier. Il prêchait alternativement à Moutier, Tavannes et Delémont. À Porrentruy, un pasteur germanophone fut nommé.

Les conseillers d’Église faisaient toujours partie de la commission scolaire. Ainsi, en 1856, un poste d’enseignant fut mis au concours dans la feuille officielle :

(On recherche un instituteur pour) l’école allemande mixte de Courtelary ; nombre d’enfants : 50–60 ;
Devoirs en plus des obligations légales : lecture au culte allemand tous les 14 jours, catéchisme dominical en hiver, chauffage du poêle de l’école.
Traitement : 153 fr. 75 ; plus l’indemnité extraordinaire de l’État de 36 fr. 25.
Postulation : auprès du président de la commission scolaire jusqu’au 8 septembre 1856 inclus.
Examen : le mardi 9 septembre 1856 à 9 h, au presbytère germanophone de Courtelary.

Ce salaire suffisait tout juste à couvrir les besoins essentiels d’un homme célibataire…

Problèmes récurrents dans les écoles

Peu à peu, les anciens problèmes ressurgirent.
Un énorme souci était l’absentéisme scolaire : en 1853, 500 avertissements imprimés durent être envoyés !
En même temps, on créa des incitations pour encourager la fréquentation scolaire et récompenser les enfants assidus : d’abord sous forme de prix en argent, puis de livres.

Les parents devaient payer des frais scolaires :

  • 5 francs pour un enfant
  • 7.50 pour deux
  • 9.– pour trois
  • 10.– pour quatre enfants

Jusqu’en 1857, l’inspecteur scolaire était le pasteur germanophone de Courtelary ; ensuite, des inspecteurs professionnels furent engagés.

En 1858, une bibliothèque scolaire fut fondée.

Le soir du 25 décembre 1859, la première fête de Noël avec arbre illuminé et distribution de cadeaux fut organisée à l’école, au grand bonheur des enfants et de leurs familles. (Elle coûta 32 fr. 70.)

En 1862, le cours de travaux manuels pour filles fut introduit, et la rémunération de l’enseignante fut approuvée.

Déclin des écoles germanophones dans le Jura romand

Il devint de plus en plus difficile de maintenir les écoles allemandes dans le Jura romand.
Les locaux et les salaires étaient insuffisants, les enseignants changeaient fréquemment, les élèves aussi ; l’assiduité était faible, les parents négligeaient leurs obligations d’éducation (les enfants étaient indisciplinés) ; et la vie devenait toujours plus chère.

Ainsi, plusieurs écoles germanophones disparurent ou furent transformées en écoles francophones.
Exceptions : La Chaux-d’Abel, Jeanguisboden et Cortébertmatten, financées par des anabaptistes « généreux ».

À noter que les enseignants francophones gagnaient jusqu’à quatre fois plus !
Les écoles supérieures romandes furent élargies et on y introduisit 4 à 5 heures d’allemand par semaine.

Une conséquence positive des écoles allemandes fut la création de sociétés de chant germanophones, qui accueillaient également des membres « semi-romands ou romandisés ».

Courtelary et l’arrivée de Gotthelf junior

En 1854, un presbytère fut acheté « au Tombet » à Courtelary sous le pasteur Rudolf Herdi.
Le conseil d’Église était composé d’un charpentier, de deux agriculteurs, de six fermiers, d’un serrurier, d’un boulanger et d’un briquetier.

En 1860, La Ferrière se sépara ecclésiastiquement de Renan.

Vers 1863, le pasteur Albert Bitzius, fils de Jeremias Gotthelf, arriva dans la vallée de Saint-Imier et y exerça jusqu’à son élection au gouvernement et au Conseil des États en 1878.

Vers 1874, les paroisses obtinrent le droit d’élire elles-mêmes leurs pasteurs.

Vers 1884, le canton de Berne manquait de pasteurs : la paroisse resta sans pasteur pendant deux ans.

En 1886 arriva le candidat Johann Jakob Mäder, puis en 1887 le pasteur Moritz Egger, qui œuvra dans le Bas-Val jusqu’à sa mort en 1921.

Vers 1890 : croissance et réorganisation

Vers 1890, le Grand Conseil décida de créer un deuxième poste pastoral pour la paroisse allemande de St-Immertal ainsi que pour la paroisse réformée francophone de St-Imier–Villeret.
En même temps, les pasteurs et le conseil de paroisse souhaitaient scinder la paroisse en deux entités autonomes.

La Société évangélique construisit une chapelle avec appartement pastoral à la rue Malathe ; les méthodistes construisirent leur petite église Bethania avec logement pastoral (1890).

En 1892, le pasteur Fritz Zimmermann de Berne fut élu et installé à St-Imier. À Courtelary, le pasteur Egger continua d’exercer.

Depuis 1892, il y eut un deuxième pasteur dans la vallée de St-Imier, et le territoire fut divisé en deux secteurs pastoraux.

En 1895, le presbytère de Courtelary fut rénové ; malheureusement, il brûla en 1896 (12–13 juillet) avec la bibliothèque scolaire, la bibliothèque populaire et les archives.

En 1898 (selon d'autres sources déjà en 1879), le gouvernement acquit la propriété Jolissaint à Corgémont comme presbytère pour le Bas-Val ; elle fut rénovée en 1939/40.

Des prédications allemandes étaient également tenues à La Ferrière, Villeret, Sonvilier et Cortébert. Büderich (Péry) et La Heutte furent rattachés au Bas-Val.

Tavannes (Dachsfelden) devient paroisse autonome

Au milieu des années 1920, un poste pastoral auxiliaire fut créé pour Tavannes.
Lors de la création du deuxième poste pastoral francophone à Tramelan, cette cure fut érigée en paroisse autonome, séparée de la paroisse allemande de Moutier.

Dans la vallée de St-Imier, deux conseils de paroisse exerçaient la responsabilité.
Chaque premier dimanche après la Pentecôte (Trinité), ils se réunissaient alternativement dans le chef-lieu de chacun des deux cercles.

Le 10 mai 1932, un décret fut édicté, séparant la paroisse réformée germanophone de St-Immertal en deux paroisses indépendantes :

  • St-Imier (Haut-Val)
  • Corgémont (Bas-Val)

Ainsi fut dissoute, après exactement 100 ans, la paroisse germanophone de St-Immertal.

En 1935, une fête du centenaire commune eut lieu à Courtelary. La dernière page du Sämann fut partagée entre les deux paroisses. (Depuis 1927, le Bas-Val avait son propre bulletin paroissial — coûteux.)

La construction de l’église allemande dans le Haut-St-Immertal

Jusqu’alors, la paroisse du Haut-St-Immertal ne possédait pas d’église propre.
À la fin du XIXᵉ siècle, on commença à chercher une solution.
L’idée de 1893 : créer un fonds pour la construction d’une église allemande à Saint-Imier.

L’argent devait être récolté selon le modèle de la Mission bâloise, sous forme d’une collecte de 5 centimes :
Si 1 000 personnes s’engageaient à verser 5 centimes chaque semaine, on aurait, après 10 ans, un montant de 30 000 francs.
Malheureusement, le projet échoua — à cause du départ du pasteur.

En 1904, une pétition fut déposée au Grand Conseil pour que l’État fasse construire un presbytère allemand à Saint-Imier, puisque la paroisse ne disposait pas des moyens nécessaires pour la construction et l’entretien.

En 1907, un crédit de 50 francs fut accordé pour les études préliminaires.

Il y eut des tensions entre les différents conseils :
Le Bas-Val reprochait au Haut-Val d’être trop conciliant avec les Romands.
Le pasteur prit la défense du conseil et rappela que, dans le Haut-Val, aucune église n’était inoccupée un dimanche matin. Il souligna aussi l’importance de maintenir de bonnes relations avec les francophones.

Finalement, en 1908, une association de soutien fut fondée dans le Haut-Val pour la construction et l’entretien d’une maison de paroisse et d’un presbytère.

En 1909, la paroisse générale décida, après le culte du Jeûne fédéral :

Qu’une maison pastorale allemande avec salle intégrée soit construite,
coût total estimé : 32 000 francs.
Un achat provisoire d’une parcelle (près de la station inférieure du funiculaire) fut confirmé.
Le conseil général reçut les pleins pouvoirs nécessaires.

Mais le projet fut bientôt de nouveau menacé :
Le terrain ne convenait pas à tous, et il y eut des différends avec les Romands.
Lors d’une conférence de conciliation et d’éclaircissement, la paroisse romande promit une subvention annuelle de 400 francs ; le Conseil synodal autorisa une collecte générale pour le Jeûne fédéral.

Peu après, la paroisse catholique romaine offrit son ancien presbytère, devenu libre, ainsi que la chapelle catholique provisoire intégrée (construite en 1875).
Elle avait en effet acquis la Villa Basilea, en dessous des écoles, où elle célébrait désormais ses offices dans la grande église de la rue Agassiz.

En 1912, un prix d’achat de 35 000 francs fut convenu pour le presbytère avec salle paroissiale à Saint-Imier. Pour 5 000 francs supplémentaires, le bâtiment fut transformé et adapté aux besoins.

Les catholiques romains reçurent l’autorisation d’organiser une loterie pour financer l’agrandissement du clocher et l’acquisition de cloches.
Les chrétiens catholiques construisirent leur petite église et leur presbytère près de la station inférieure du funiculaire.
La paroisse réformée francophone construisit son second presbytère, élégant, derrière le premier, sur le terrain pastoral (Pfrundland).

En 1916, le pasteur Aeberhard fut installé ; il resta en fonction jusqu’en 1942. Lui succéda le pasteur Bruno Jaberg.

En 1924, un bazar fut organisé pour soutenir l’entretien de la maison.

Avec toutes les paroisses réformées francophones locales, des accords de remboursement forfaitaire des impôts ecclésiastiques furent conclus (en règle générale 6 %). Elles mettaient en outre leurs églises à disposition, avec cloches et orgue, et assumaient le paiement des contributions aux synodes du district et du canton.

En 1936, un chauffage central fut installé dans l’appartement pastoral et dans la salle ; un sas d’entrée fut construit devant la porte.

En 1941, les deux chorales allemandes d’hommes fusionnèrent pour devenir le Chœur Harmonie-Erguel.
Les femmes s’engageaient dans la chorale féminine et dans l’association de couture (plus tard « Lismerfrauen »).

Le 2 octobre 1942, en pleine guerre, un grand bazar fut organisé, une semaine après la fête des 75 ans de Longines, à laquelle toute la ville de Saint-Imier participa.
Le bénéfice net s’éleva à 5 000 francs !
Cela permit de rénover le logement pastoral.
La rénovation de la salle devait être entreprise avec le soutien de la collecte du Dimanche de l’Église de 1943.

Tramelan – « Tramlingen »

Avant la Réforme, Tramelan dépendait de l’archevêché de Besançon.
Cependant, les chanoines de Saint-Imier possédaient le droit de proposer le pasteur.

Ces chanoines furent chassés lors de l’introduction de la Réforme (1530), et ainsi les Tramlingers purent devenir « réformés et libres ».

Administrativement, Tramelan appartenait au district de Courtelary,
mais géographiquement, en raison de l’écoulement des eaux vers la Trame — premier affluent de la Birse —, ainsi que par la route cantonale et la voie ferrée, Tramelan était tourné vers la vallée de Tavannes (vallée de Tavannes), et donc rattaché à la région d’influence du district de Moutier.

Tant qu’un pasteur germanophone était en poste à Tavannes, il devait aussi s’occuper des réformés germanophones de Tramelan.
Après son transfert à Moutier en 1842, cette tâche passa au pasteur germanophone de Courtelary.

Lorsque le pasteur germanophone de Moutier fut déchargé de la cure des réformés de Delémont, il reprit les prédications à Tramelan, en alternance avec le pasteur de la vallée de St-Imier.

Après la création du second poste pastoral basé à Saint-Imier pour la paroisse « Deutsch St. Immertal » (1891/92), la cure germanophone de Tramelan fut entièrement confiée au pasteur du Bas-Val, même si la seule route directe vers la vallée de St-Imier passait par le Mont-Crosin.

Avec la création en 1922 de la cure auxiliaire germanophone à Tavannes et son érection en paroisse en 1927/28, la minorité réformée germanophone de Tramelan (Ober- & Untertramlingen ainsi que Mont-Tramelan) fut définitivement rattachée à la paroisse germanophone de Tavannes.

Moutier–Tavannes (Münster–Dachsfelden)

Au début des années 1880, la paroisse était mécontente de son pasteur hollandais et de sa nombreuse famille — et tout comme les autorités civiles et religieuses, elle fut soulagée lorsqu’il repartit dans son pays en 1885.

Pendant presque une année, le pasteur francophone de Court prêcha des sermons allemands l’après-midi à Moutier et Tavannes, jusqu’à ce que la double paroisse reçoive en 1886 le candidat Fischer de Brienz, un pasteur compétent, qui reçut un appel à Seedorf après seulement cinq ans.

Son successeur fut le pasteur Henzi, qui réalisa un travail remarquable et prépara la création d’une seconde paroisse.
Sous son ministère, le presbytère allemand de Moutier fut construit (1902/03).

Son successeur mourut de la grippe quelques mois seulement après son entrée en fonction en 1918.

À un rythme quinquennal, se succédèrent les pasteurs Hess, Gygax, von Graffenried et enfin Leuenberger.

Sous le pasteur Hess, un poste d’aumônier auxiliaire fut créé pour Tramelan ainsi que pour la vallée Moutier–Tavannes.
Sous le pasteur Gygax, la vallée germanophone de Tavannes (Deutsch-Dachsfeldertal) fut érigée en paroisse autonome en 1927.

Sous le pasteur von Graffenried, la chapelle de Chalières fut vendue à l’association civile et funéraire des quatre communes appartenant à la paroisse réformée francophone de Moutier, qui l’utilisèrent comme salle de cérémonies funèbres.
Simultanément, l’église allemande au centre de Moutier fut construite (1931/32).

Au milieu des années 1920, un poste pasteur auxiliaire fut créé pour Tavannes, puis, lors de l’institution du deuxième poste pastoral francophone à Tramelan, cette cure fut érigée en paroisse autonome, séparée de la paroisse allemande de Moutier.

Cette nouvelle paroisse s’efforça, au début des années 1930, d’obtenir au moins un presbytère.
Sous le ministère de l’inoubliable pasteur Alfred Streit (1927–1965), la maison de paroisse et le presbytère purent enfin être construits en 1947 et rachetés grâce à un contrat de rachat.
Cependant, l’État percevait les loyers, car il avait versé une indemnité unique l’année de la construction.

Vers 1946, il y eut temporairement un « vicaire allemand » à Malleray.
De 1965 à 1991, six pasteurs se succédèrent en de courts intervalles.
Michel Wuillemin resta plus longtemps, mais en 1997, le poste fut réduit à 50 %, et il dut assumer des tâches supplémentaires.
Après son départ, les changements de pasteurs furent à nouveau fréquents.

La minorité réformée germanophone de Delémont

La minorité réformée de Delémont fut d’abord desservie par le pasteur réformé de Porrentruy (1816–1842), puis par le pasteur germanophone de Moutier (1842–1869).
Lorsque la plupart des écoles allemandes du Jura francophone furent fermées, on créa en compensation la paroisse réformée de Delémont.

Avec la construction des lignes du Jura (1872–1874), de nombreux « anciens Bernois » réformés vinrent travailler dans le Jura catholique comme cheminots, agriculteurs et artisans.

Les pasteurs successifs furent :

  • pasteur Weibel
  • 1881–84 : pasteur Harald Marthaler
  • 1885–88 : pasteur Paul Brandt (plus tard rédacteur et conseiller national social-idéaliste !)
  • 1889–95 : pasteurs Hans Arni et Arthur Aeschlimann

Ces pasteurs célébraient un culte allemand tous les 15 jours à Delémont ; entre-temps, un dimanche sur quatre, ils prêchaient le matin à Laufon et l’après-midi à Grellingen, et le quatrième dimanche un culte français à Delémont.

En 1892, le premier presbytère réformé fut construit à l’est de l’église.
Sous le pasteur Arni, une salle d’instruction fut bâtie derrière le presbytère.
En 1925, la paroisse put acheter la maison située à l’ouest de l’église et l’utiliser comme logement pastoral.
À la même époque, l’église (construite en 1865) fut agrandie par une tour équipée d’un ensemble de quatre cloches.

La petite cloche qui avait auparavant sonné dans le clocheton fut transférée à la nouvelle église réformée de Rennendorf (Courrendlin).

Grâce à la moitié de la collecte de la Réformation de 1942, une petite église réformée et un presbytère purent également être construits à Bassecourt.

La paroisse de Laufon (Laufen)

« Par décret du Grand Conseil du 24 novembre 1897, les réformés du district de Laufon furent séparés de la paroisse réformée de Delémont, et la paroisse réformée de Laufon fut instituée. »

Cette paroisse en diaspora reçut la collecte du dimanche de la Réformation de 1901, qui s’éleva à 60 065 francs 80.

Avec cette somme et l’indemnité de rachat de 1903 pour le logement pastoral, l’église et le presbytère purent être construits et entièrement payés.
Le pasteur de Laufon dut continuer à prêcher toutes les trois semaines à Grellingen, dans l’église catholique.

Les Freiberge (Franches-Montagnes)

La prise en charge pastorale de la petite minorité réformée germanophone des Franches-Montagnes fut longtemps insuffisante.
Ils devaient se contenter de visites occasionnelles du pasteur réformé francophone de Tramelan.

Avec l’entrée en vigueur de la loi ecclésiastique de 1874, ils furent rattachés à la paroisse réformée de Porrentruy.
En 1891, un poste d’aide pasteur pour les Franches-Montagnes fut créé ;
en 1905, ce poste fut érigé en paroisse indépendante, avec siège à Saignelégier.

En 1920, le pasteur Aeberhard de Saint-Imier reçut de l’État l’ordre d’organiser un culte mensuel en allemand et d’assurer la cure pastorale des Suisses alémaniques.
Tous les pasteurs germanophones du Jura méridional et de La Chaux-de-Fonds se partagèrent cette tâche.

Dès les années 1940, les cultes célébrés à Saignelégier furent bilingues.

La salle du tribunal de Saignelégier servit de lieu de culte jusqu’à ce que, grâce à la collecte de la Réformation de 1911 (68 800 francs), une église et un presbytère réformés soient construits.

Avec la moitié de la collecte de confirmation 1926/27 (13 747 fr. 60), des cloches purent encore être achetées.

Porrentruy (Pruntrut)

Les réformés de Porrentruy purent utiliser l’église située dans la prison (ancien couvent des Annonciades) jusqu’à sa démolition en 1876.
Ensuite, ils conclurent un accord avec la paroisse catholique romaine pour utiliser en commun leur église paroissiale.

En 1890/91, ils construisirent enfin leur propre église réformée sur le terrain de l’ancienne prison, remis par l’État.

Entre 1837–1850 et 1857–1868, il y eut une école protestante à Porrentruy.
Les pasteurs étaient d’abord exclusivement germanophones (1816–1842), puis prêchèrent aussi en français, et dès 1842, l’allemand ne fut plus que secondaire.

En 1901, un deuxième poste pastoral fut créé et confié à un pasteur germanophone.
Ainsi, Porrentruy avait désormais un poste pastoral français et un poste allemand.

Au début des années 1920, la paroisse acheta deux presbytères.
Une église annexe fut construite en 1910 à Miécourt, et une autre en 1939 à Boncourt.
En 1937, l’église principale de Porrentruy fut rénovée.

Un regard rétrospectif (1943)

Dans le livret rédigé par le pasteur Adolph Aeberhard en 1943, on peut lire :

« Il convient encore de mentionner que le haut plateau inhospitalier situé entre le Jura réformé méridional et le Jura catholique septentrional (les Franches-Montagnes) fut laissé par le prince-évêque aux anabaptistes.
Ils y ont créé de magnifiques fermes, et eux qui furent jadis persécutés et expulsés par le gouvernement bernois et son Église ont fidèlement conservé la manière bernoise et la langue allemande. »

Et encore :

« De notre côté, nous nous conformons aux ordres établis par la majorité, et dans ce cadre, nous préservons notre langue et notre identité, complétant et enrichissant nos hôtes et maîtres romands dans une émulation pacifique. »

Conclusion

Il vaut la peine de poursuivre l’histoire des réformés germanophones dans le Jura bernois :
nous le devons assurément à nos ancêtres.

Sources

  • Adolph Aeberhard, ancien pasteur à Steffisburg-Station : Werden und 100 Jahre Bestehen der deutschen Kirchgemeinde St. Immertal, 1943
  • Eva Joss, pasteure à St-Imier jusqu’en 2007, puis (2008–2010) pour tout le territoire de la Fondation ; compilation publiée dans le Sämann en 2008
  • Roland Sermet, archiviste de Corgémont : Regards sur le passé de Corgémont, 1994
  • Jean Schwalm : L’Église aux 41 clochers – 100 ans de vie commune, 1986
  • Marie-Louise Hoyer, secrétaire de la Fondation PaDeReBJ, compléments tirés de diverses compilations de l’ancienne paroisse réformée germanophone de Tavannes

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